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Syctom infos - 10 avril 2002

 

Intervention de M. DAGNAUD au Salon de la Nouvelle Ville lors de l'atelier : " Juillet 2002, point d'étape de la loi Royal, et après ? "

 

1992 - 2002 : un programme inachevé…

Deux principaux objectifs du Syctom à l'époque…

  • Satisfaire les obligations de limitation de mise en décharge aux seuls déchets ultimes
  • Développer la collecte sélective

A traduire dans les faits :

  • Réalisation de 4 centres de tri à Romainville, Ivry, Vitry et Nanterre
  • Projets de 2 nouvelles capacités d'incinération pour 630 000 t à Tremblay en France et Vitry-sur-Seine en complément des trois usines d'Ivry - Paris XIII, Issy-les-Moulineaux, et Saint-Ouen (1.9 Mt de capacités)
  • Important soutien financier aux communes adhérentes, premières responsables de la mise en place de la collecte sélective, par une aide financière directe de 300 F la tonne (45.73 euros) et l'exonération de la redevance pour les tonnes triées dans le cadre du contrat signé en 1994 avec Eco-Emballages

 

Des résultats insatisfaisants …

Ceci pour plusieurs raisons :

  • les tonnages à traiter ont connu une hausse régulière, d'autant plus que le périmètre d'intervention du Syctom s'est élargie depuis 1992 avec des communes de Seine St Denis
  • Ce volume total des déchets, qui a atteint 2.9 Mt en 2001, a limité l'impact positif de la croissance régulière des collectes sélectives. Les collectes sélectives ont néanmoins représentées 200 000 tonnes en 2001, évolution importante en volume grâce au soutien direct du Syctom aux communes qui pèse 12.5 ME ( 82 MF ) en 2002 avec des aides d'Eco-Emballages limitées à 5 ME ( 32 MF )
  • Un programme d'investissement non abouti : 2 centres de tri sont opérationnels, Romainville (1993) et Ivry (1997) mais les 2 projets d'usines de valorisation énergétique ont été abandonnés par décision de l'Etat, particulièrement Vitry malgré un début de réalisation
  • Du fait de l'abandon des projets prévus, les tonnages mis en décharge reste à un niveau encore très élevé, près de 700 000 t en 2001 mais qui sera déjà réduit d'un tiers à partir de 2002

Dernière raison de ces résultats insatisfaisants, la hausse des coûts de traitement a rendu incontournable une augmentation régulière des charges pour le Syctom et naturellement pour les communes par l'intermédiaire de la redevance.

 

Un bilan donc très mitigé…

Pour le Syctom, avec l'ensemble des élus des 90 communes adhérentes, nous assumons nos responsabilités dans cette situation, même si l'Etat en porte une lourde part avec l'abandon des projets de capacité programmés pourtant validés aussi par ses représentants Dès le budget 2002, nous avons décidé de relever les manches pour rattraper notre retard (cf 2ème partie) et nous engager dans une véritable logique de développement durable

 

Plus généralement, comme responsable d'une structure intercommunale, nous pouvons tirer quelques enseignements de ces 10 ans :

  • D'abord, une incapacité collective à voir se réduire à la source les déchets produits
  • L'intercommunalité qui pose une certaine confusion dans la répartition des compétences entre les différentes collectivités publiques. Distinction parfois délicate entre collecte et traitement. Collecte sélective et déchetterie ne peuvent elles pas être mieux mutualisées à l'échelon intercommunal par exemple ?
  • La difficulté à concilier des plans départementaux et avec le respect du principe de proximité et surtout la mutualisation des moyens dans un souci de bonne gestion des équipements et des deniers publics, sans revenir sur le besoin de données fiables et d'objectifs réalistes

 

Autre enseignement de ces 10 ans,

  • la distinction imposée dans la gestion des déchets ménagers et les déchets industriels peut apparaître artificielle, leur collecte se fait par nos mêmes rues, ils nécessitent un traitement dans les mêmes types d'équipement.
  • l'acceptation par les populations comme les élus des projets d'équipements est pour le moins délicate : centres de tri, unités de compostage et de méthanisation, sans parler de centre de valorisation énergétique.
  • si le recyclage reste incontournable, la pertinence, le coût global, l'éco-bilan des produits triés ou à trier méritent des évaluations objectives et des soutiens adaptés aux charges induites par leur collecte et leur traitement.
  • Enfin, l'idée que la gestion des déchets est une mission de service public est elle bien ancrée dans tous les esprits ? ses implications financières, ses problématiques d'intégration urbaine sont elles bien connues ? des efforts indispensables en matière de lisibilité des flux et des coûts y contribueraient sans doute…

 

Malgré ses imperfections, la loi Royal a permis et favorisé une prise de conscience collective du problème, avec des premiers résultats encourageants. Les déchets sont désormais inscrits comme un réel enjeu de civilisation urbaine et leur traitement dans une forte dimension environnementale.

 

L'après 2002 : les perspectives

Une forte volonté du Syctom d'assumer pleinement ses responsabilités

  • Assurer le traitement des ordures ménagères de toutes nos communes adhérentes, c'est-à-dire intégrer les communes jusque là non déversantes du 93 qui allaient essentiellement en décharge dans le Val d'Oise et la Seine et Marne
  • Lancer un ambitieux programme d'investissement de plus de 600 millions d'euros (+ de 4 Milliards de Francs ) avec le soutien du Conseil Régional d'Ile de France comprenant outre le remplacement de l'usine de valorisation énergétique d'Issy les Mx 10 centres de tri (4 Paris , 3 Seine st Denis, 2 Hauts de Seine, 1 Val de Marne) doublant ainsi ses capacités et 2 unités de méthanisation en Seine St Denis
  • Poursuivre le développement et le soutien de la collecte sélective : d'ici 2002, quasiment toutes les communes du Syctom l'auront mis en place notamment dans l'ensemble des arrondissements parisiens.

 

Réduire au maximum le recours à l'enfouissement technique, conformément aux objectifs de la loi Royal

  • Anticiper la mise aux normes européennes du traitement des fumées des usines d'Ivry et de Saint-Ouen.
  • Innover par un effort important en recherche et développement : traitement des déchets ultimes, vitrification des REFIOM, réduction de la toxicité des déchets incinérés.
  • Etude pour généraliser sur tous nos sites présents et futurs les transports alternatifs à la route par voie d'eau ou ferrée comme cela est désormais fait pour les mâchefers d'Ivry par la Seine et de St Ouen par le rail (- 17 000 camions par an sur l'A 86 et l'A 15.
  • A l'exemple d'ISSEANE, améliorer l'intégration urbaine et architecturale des projets d'équipements, renforcer la communication et la concertation avec des instances d'informations publiques régulières (CLIS) et des chartes de qualité environnementale (celle signée entre le Syctom et la Ville-d'Issy-les Moulineaux devrait être récompensée ce soir au Grand Prix de l'Environnement)

Améliorer la transparence dans l'exercice de nos missions

  • dialogue et concertation avec l'ensemble des acteurs franciliens, notamment avec les départements de grande couronne (Yvelines, Val d'Oise, Seine et Marne)
  • élaboration de prospectives d'évolutions des tonnages par mode de traitement avec différents scénarii
  • diffusion publique de nos données et des flux traités

 

Des attentes pour des évolutions futures…

A l'occasion de cette étape posée par la loi Royal, il est utile de réfléchir ensemble aux moyens d'améliorer le dispositif et d'ouvrir de nouveaux chantiers Je vous propose quelques pistes :

  • Apprécier le principe de proximité à l'aune du mode de transport utilisé.
  • Pouvoir nouer des partenariats intersyndicaux pour optimiser les équipements et les flux et éviter des investissements très lourds qui pourraient être redondants.
  • Accéder à une vision globale et objective des besoins de capacités de traitement comprenant les ordures ménagères et les déchets industriels banals, sans oublier les encombrants et les déchets des artisans commerçants.
  • Voir se développer des filières dédiées innovantes. Elles permettront d'améliorer l'efficacité et la rentabilité du recyclage des produits triés aujourd'hui et ceux de demain. La pertinence de ces filières et de ces collectes devront faire l'objet d'évaluation régulières et publiques dans une logique d'éco-bilan global pour chacun des matériaux récupérés.
  • Intégrer les modes de traitement des déchets dans la politique énergétique (électricité et gaz) avec des soutiens en conséquences
  • Opérer un nécessaire rééquilibrage entre les communes, les syndicats intercommunaux et les industriels dans la prise en charge des coûts induits par la collecte et le traitement des déchets.
  • Enfin agir de manière volontariste pour réduire à la source les déchets avec des produits conçus avec le souci d'être mieux recyclables à l'exemple des efforts faits dans l'industrie automobile en incitant , pourquoi pas avec un label spécifique, les consommateurs à choisir des produits utiles au recyclage et non polluant dans leur traitement.

 

Voilà les quelques pistes que je souhaitais aborder aujourd'hui pour participer à ce vaste débat qui ne fait que s'ouvrir…

 

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