Situation du traitement des déchets au 3 février 2020

Date : 03/02/2020

Le Syctom, service public de traitement des déchets, fait face à une situation exceptionnelle, qui a pu avoir une répercussion sur la collecte des déchets ménagers.

Les personnels ont, en effet, pris la décision d’arrêter, jeudi 23 janvier à 22h, les 3 unités de valorisation énergétique du Syctom (à Saint-Ouen, Isséane à Issy-les-Moulineaux et àIvry/Paris XIII). Pour rappel, ces 3 usines traitent et valorisent chaque jour les déchets de 6 millions d’habitants de 85 communes, soit 6 000 tonnes / jour.  6 des 7 fours ont été éteints, le seul four de Saint-Ouen fonctionnant encore au ralenti vient de tomber en panne.

Le Syctom a tout mis en œuvre pour trouver des solutions alternatives. Des sites ont été identifiés, vers lesquels ont été redirigées les bennes de collecte : centres de transfert, unités de valorisation énergétique publiques ou privées et centres d’enfouissement. Les collectivités ont été informées en temps réel des déviations des camions de collecte.

La prolongation de l’arrêt des sites de valorisation énergétique ayant été votée, la situation est alors devenue critique. Les solutions alternatives jusqu’alors utilisées ont été saturées privant toute possibilité de réception des bennes de collecte. Faute de pouvoir vider leur chargement, ces bennes ne pouvaient donc plus ramasser les déchets dans les communes, entrainant des risques en termes de salubrité et de sécurité publique.

C’est pourquoi l’Etat, à la demande du Syctom, a réquisitionné les personnels des exploitants nécessaires pour un fonctionnement minimal des installations. Le Syctom est donc à nouveau en mesure de réceptionner les ordures ménagères des collectivités.

Cependant, les conséquences environnementales et financières de ces blocages sont très importantes :

  • 5000 tonnes de déchets enfouis chaque jour, donc non valorisés
  • Augmentation du nombre de gros porteurs sur les routes, nécessaires à l’envoi des déchets vers les sites d’enfouissement
  • Absence de fourniture de chaleur à la Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain, qui doit donc avoir recours à l’achat d’énergies fossiles
  • Coût supplémentaire de 700 000 euros par jour d’argent public pour le Syctom

Les personnels ont voté ce lundi 3 février la poursuite du blocage jusqu’au 7 février. Le Syctom a saisi à nouveau l’Etat pour une réquisition des personnels nécessaires pour :

  • un retour à un fonctionnement normal d’Isséane (rallumage des fours et gestion des fosses)
  • le maintien du fonctionnement en transfert des sites d’’Ivry/Paris XIII et Saint-Ouen