La question sanitaire
Les installations du Syctom sont des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) et sont donc soumises au code de l’environnement. À ce titre, pour être autorisées à fonctionner elles ont fait l’objet d’une évaluation des risques sanitaires démontrant l’absence de risque pour la population.
De plus, elles font l’objet d’un suivi poussé en continu de leurs rejets afin de s’assurer qu’ils respectent les valeurs limites qui leur sont imposées (valeurs limites d’émission) et d’un contrôle rapproché de la part des services de l’État (DRIEAT).
S’agissant spécifiquement des dioxines, traceur de la pollution liée aux incinérateurs, nous rappelons que le traitement des déchets représente moins de 1% des émissions à l’échelle nationale quand l’usage des bâtiments et les activités résidentielles et tertiaires représentent 72% (données CITEPA, rapport SECTEN 2025). L’étude menée sur les œufs des poulaillers domestiques par l’ARS en 2023 a montré qu’à l’échelle de l’Ile de France ce polluant est présent partout y compris loin des incinérateurs.
Ainsi, si les résultats des analyses menées par le C3R permettent de caractériser un état de contamination de l’environnement confortant la conclusion de l’étude publiée par l’ARS en novembre 2023 (contamination ubiquitaire des sols urbains) :
- ils ne permettent pas d’identifier l’origine des contaminations (on peut trouver des valeurs basses à proximité des incinérateurs et des valeurs hautes dans les points témoins),
- et surtout, ils n’apportent pas d’éléments nouveaux qui, d’après l’ARS Île-de-France les conduiraient à réévaluer le niveau de risque sanitaire pour la population avoisinante de l’incinérateur d’Ivry.
Il paraît enfin très important de noter du point de vue sanitaire que pour les dioxines, et comme le rappelle l’ARS, la littérature scientifique précise que l’exposition par la voie aérienne reste mineure par rapport à la voie principale d’exposition : notre alimentation et en particulier la consommation de produits d’origine animale gras.
Le nombre d’incidents signalés aux services de l’Etat (DRIEAT)
Contrairement aux allégations sur « la multiplication d'incidents », 5 ont été enregistrés durant l’année 2025. Chaque incident, conformément à la réglementation, fait l’objet d’une communication auprès des services de l’État qui décident des mesures à prendre en conséquence. S’il y avait eu le moindre risque sanitaire, des mesures auraient été prises et mises en œuvre par les services de l’Etat.
Les rejets atmosphériques
Les dépassements des valeurs limites en dioxyde de soufre mentionnés dans l’article sont erronés et concernent des valeurs limites journalières (VLE jour) et non des moyennes annuelles. Ces dépassements ponctuels ne traduisent pas une non-conformité chronique des installations et représentent dans sa totalité 9 jours sur l’année 2024.
Ces dépassements étaient liés à l’incinération d’un type de déchets qui n’est plus admis sur le site (refus de tri d’objets encombrants). Depuis plus aucun dépassement n’a été constaté, ce qu’a acté la DRIEAT lors de sa visite d’inspection en mars 2025.
Le calendrier de L'Interval
Le nouveau calendrier prévoit désormais une mise en service en septembre 2026 comme indiqué en décembre 2025. Ce retard s'explique à la fois par des événements extérieurs au chantier tels que la pandémie de COVID-19 et ses conséquences (délais d’approvisionnement très longs, pénurie de matières premières et de composants électriques/électroniques) ainsi que par des difficultés techniques survenues inhérentes à tout démarrage d’installation industrielle de ce type avec maintien de l’activité sur site.
Sur le plan économique :
- Coût de traitement de l'UIOM actuelle (amortie) jusqu'en septembre 2026 : 67 €/tonne
- Coût du traitement à L'Interval (non amortie) : 135 €/tonne
- Coût du traitement sur sites extérieurs : 140 €/tonne
Il nous semble par ailleurs étonnant de considérer que la maintenance des sites par le Syctom via le « gros entretien et renouvellement » (GER) afin d’assurer leur fonctionnement de manière optimale et de les intégrer au mieux dans leur environnement urbain devienne un argument à charge contre le Syndicat.
Les élus comme les agents du Syctom considèrent au contraire que c’est une priorité, en investissant des dizaines de millions d’euros par an sur l’ensemble des sites. Ils considèrent également que la santé des riverains et l’environnement n’ont pas de prix et ce principe vaut pour l’ensemble des sites quel que soit leur âge. C’est aussi une nécessité technique de bon entretien du patrimoine industriel du Syctom.
Le maintien en service de l'installation actuelle, en lieu et place de l’enfouissement qui constituerait l’unique recours possible pour traiter la quantité de déchets concernée, représente donc à date la solution la plus économique et celle qui respecte la hiérarchie des modes de traitement.
Le Syctom reste pleinement mobilisé pour garantir un service public de qualité dans le respect des normes environnementales et sanitaires les plus strictes.