Renforcement de la production d’énergie

Fin de l'exclusivité de la fourniture de chaleur à la CPCU

Dans les trois centres de valorisation énergétique du Syctom, la chaleur dégagée par l’incinération des déchets est transformée en vapeur et en électricité.  La convention entre le Syctom à la Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU) arrivant à échéance le 31 décembre 2024, le syndicat et la Ville de Paris ont adopté un nouveau contrat qui s’appliquera au futur concessionnaire du réseau de chaleur urbain parisien en 2027. Les collectivités adhérentes pourront, dès 2025, bénéficier de la fourniture de chaleur des trois UVE du Syctom selon une répartition juste, équilibrée et évolutive.

Les trois communes accueillant les UVE (Ivry-sur-Seine, Issy-les-Moulineaux, Saint-Ouen-sur-Seine) disposeront d’un droit de tirage prioritaire. Les collectivités les plus éloignées feront transiter la chaleur par le réseau parisien moyennant un droit de passage.

3,1 millions de tonnes vapeur vont ainsi être fourni à l'ensemble des réseaux de chaleur. Il assure aussi une hausse pérenne de recettes énergétiques au Syctom et à ses collectivités adhérentes, grâce notamment au plafonnement des pénalités dues en cas de non atteinte du volume de chaleur minimum à livrer et à une augmentation du prix de vente.

En lien avec la transition bas carbone, cet accord répond à l'enjeu majeur de faire profiter tous les territoires du développement des réseaux de chaleur, y compris ceux ne pouvant être directement raccordés.

Vente de vapeur au SMIREC

Deuxième réseau de chaleur francilien, le SMIREC1, qui regroupe des communes de Seine-Saint-Denis, dessert 68 000 équivalents logements en chauffage et en eau chaude sanitaire sur le territoire de Plaine Commune. Il souhaite diversifier ses sources d’approvisionnement en se fournissant en énergie locale et durable à prix compétitifs.

Une convention a été signée avec le Syctom qui prévoit, à l’horizon 2026, la fourniture de près de 117 000 tonnes vapeur, soit 10 % de la capacité de production d’énergie de l’UVE à Saint-Ouen. Conclue pour 15 ans, elle permettra de couvrir la consommation annuelle de 10 000 équivalents logements et fera bénéficier une partie des habitant-es de Plaine Commune de la valorisation énergétique de leurs déchets. Des négociations sont en cours avec d’autres collectivités.

Efficience énergétique

À Isséane, l’étude sur les pistes d’optimisation énergétique a mis en évidence qu’un gain potentiel
pourrait être obtenu sur l’autoconsommation de l’équipement en vapeur moyenne pression. Deux axes ont été identifiés : le prélèvement de chaleur fatale contenue dans les fumées et l’optimisation de la récupération des condensats issus des chaudières.
Sur cette base, un appel d’offres a été lancé en octobre 2023 pour améliorer l’efficacité énergétique de l’installation avec, pour objectif, une production supplémentaire d’énergie estimée à 25 000 tonnes de vapeur et 5 000 MWh d’électricité par an.


À l’Étoile Verte à Saint-Ouen-sur-Seine, un système de récupération de chaleur par condensation des fumées a été mis en place en novembre 2023. Le Syctom préchauffe ainsi à 35°C l’eau que la CPCU pompe dans la Seine pour alimenter sa centrale de production de vapeur. Ce dispositif améliore la performance de l’UVE et limite le recours de la CPCU aux combustibles fossiles.

Vente de l'électricité sur le marché libre

Afin d’optimiser ses recettes tirées de la vente d’électricité produite par ses unités de valorisation énergétique à Ivry/Paris XIII et Issy-les-Moulineaux, le Syctom a mis fin au contrat d’obligation d’achat d’EDF pour avoir la possibilité de vendre sur le marché libre.

La production de l’UVE Ivry/Paris XIII s’est vendue au prix moyen de 175 €/MWh depuis le 1er octobre 2022 et celle d’Issèane à 234 €/MWh à compter du 1er janvier 2023.

Une évolution significative car depuis 2014, le surplus électrique était injecté sur le réseau EDF pour un prix moyen autour de 50 €/MWh. Dans un contexte récent où les prix de l’électricité ont augmenté, le Syctom agit pour augmenter ses recettes énergétiques.

La méthanisation, une nouvelle source d’énergie

Avec le projet COMETHA, le Syctom étudie avec le SIAAP (service public de l’assainissement francilien) la possibilité de mutualiser leurs moyens en traitant les boues d’épuration et la fraction organique résiduelle issue du tri des ordures ménagères. Le biométhane produit serait ensuite injecté dans le réseau de gaz naturel.

Le projet COMETHA