L’usage détourné du protoxyde d’azote et la hausse de sa consommation hors usages professionnels entraînent aujourd’hui une augmentation importante des bonbonnes ou cartouches présentes dans les déchets collectés.
Les cartouches ou bonbonnes de protoxyde d’azote, représentent un véritable danger pour les installations de traitement et pour les personnes qui y travaillent. En plus d’être un fléau sanitaire et environnemental, elles font peser un coût non négligeable sur les collectivités en raison des risques d’explosion et d’incendie qu’elles peuvent provoquer.
- Mal vidées, bouteilles et bonbonnes peuvent provoquer des explosions dans les fours d’incinération des UVE, en raison de leur pression dix fois supérieure à celle d’une bouteille de gaz ;
- Dans les centres de tri, elles peuvent endommager sérieusement les process et être à l’origine d’incendies.
En plus des dégâts matériels et des arrêts techniques extrêmement coûteux, les risques pour la sécurité du personnel des centres de traitement sont considérables.
Pour le Syctom, aux coûts de réparation s’ajoutent les pertes d’exploitation pour un total de près de 10 millions d’euros en 2025, qui incluent :
- le coût évité de traitement des OMr et des sous-produits d’incinération,
- la perte de recettes sur la vente de vapeur et d’électricité,
- la vente de matières et autres soutiens,
- ainsi que le coût de traitement des OMr orientées vers un centre externe.
Des actions engagées par le Syctom depuis 2021
De nombreuses actions de sensibilisation sur les risques liés aux bouteilles de protoxyde d’azote ont été menées par le Syctom :
- Dès 2021, le Syctom a porté à la connaissance de la Préfecture cette problématique et ses conséquences. Une information a également été transmise à l’éco-organisme Citeo, avec plusieurs échanges entre 2021 et 2024 ;
- Toujours en 2021, une note a été adressée aux collectivités afin qu’elles sensibilisent les collecteurs à séparer le ramassage des bouteilles de protoxyde d’azote des OMr et à les isoler pour les envoyer dans des filières de traitement adaptées ;
- La même année, une distribution de flyers a été réalisée par le Syctom et l’exploitant sur le quai de déchargement du site à Ivry/Paris XIII afin de sensibiliser les collecteurs ;
- Cette problématique a également été abordée lors d’un groupe de travail « Collecte » sur les protocoles et les déchets dangereux, le 10 mars 2022, avec la participation des EPT ;
- Enfin, en février 2025, le Syctom a pu échanger avec l’ARS sur ce sujet.
Un danger pour la santé publique
Son usage détourné en gaz hilarant est aujourd’hui devenu un fléau pour la santé publique. L’inhalation de protoxyde d’azote peut provoquer de sévères troubles neurologiques, cardiaques et psychiatriques. Une classification comme stupéfiant est actuellement à l’étude par les autorités gouvernementales