Dans les fours d’incinération, la chaleur peut provoquer l’explosion des bonbonnes encore remplies de gaz, entraînant des dégâts importants sur les équipements et parfois des arrêts d’exploitation. Un phénomène mis en lumière dans un reportage de France Télévisions consacré à ces explosions en série dans les usines de traitement des déchets.

25 000 explosions recensées en 2025

En 2025, le coût global pour le Syctom est estimé à près de 15 millions d’euros, un montant entièrement supporté par le service public et, in fine, par les contribuables.

Au sein des installations du Syctom, la situation est particulièrement alarmante. On estime qu’un million de bonbonnes de protoxyde d’azote sont entrées dans les trois incinérateurs du syndicat en 2025, provoquant plus de 25 000 explosions, soit environ une explosion toutes les 2 heures.

Ces incidents peuvent provoquer des casses d’équipements, des fuites dans les chaudières ou encore des arrêts d’urgence des lignes d’incinération pendant plusieurs jours mais aussi et surtout mettre en danger la sécurité des agents.es travaillant sur les sites.

Un coût global estimé à près de 15 millions d’euros

Les conséquences sont lourdes pour le service public : détournement de déchets vers d’autres installations, réparations d’équipements et pertes d’exploitation. Elles sont aussi financières : en 2025, le coût global a été estimé à près de 15 millions d’euros, entièrement supporté par le service public et donc, in fine, par les contribuables.

Face à cette situation, le Syctom appelle à une réponse réglementaire forte : interdire la vente de protoxyde d’azote hors usages professionnels et renforcer la prévention.

Dans ce cadre, le Syctom s'engage au travers une campagne de communication afin d’alerter sur une situation devenue critique, à la croisée des enjeux de santé publique, de sécurité au travail et de continuité du service public.

« Le protoxyde d’azote est d’abord un enjeu de santé publique. Mais lorsque ses usages détournés se traduisent par des dizaines de milliers d’explosions dans nos installations, c’est aussi la sécurité de nos agent·es et l’équilibre du service public qui sont en jeu. On ne peut plus traiter les conséquences sans agir sur les causes. », souligne Corentin Duprey, le président du Syctom.

À découvrir : le reportage de France Télévisions “Protoxyde d’azote : ces inquiétantes explosions en série dans des usines de déchets”.